Pédagogie

Les 12 sentiers

du pèlerin danseur

 
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Premier

Évitant de chercher à acquérir des techniques ou connaissances nouvelles, il s’agit d’accueillir le mystère de la vie qui nous est donnée, prenant conscience de ce que nous sommes un être complet : corps, cœur et esprit.

 

Dans l'exercice de la marche consciente, nous percevons notre attache au sol, notre pesanteur, et nous découvrons la notion de confiance qui y est contenue. Dans un temps de repos, nous goûtons la 'détente-abandon', pour accéder, par le déroulement du corps qui se relève, à la disponibilité de l’attitude ‘juste’.. L’exercice devient une libre démarche de « conversion » vers Dieu et d’abandon à sa grâce. (E. GLOTIN, La Bible du Cœur de Jésus). 

Dans cette attitude dite 'juste', nous sommes invités à structurer la prière par un vocabulaire gestuel de base, aboutissant peu à peu à la créativité de chacun.

Image de Felipe Correia

"Ephata ! Ouvre-toi !"

Mc7,34

Sentier de l’ouverture, ce 2ème sentier nous permet de découvrir l’homme bipède, bilatéral, asymétriquement dynamique, orienté dans l’espace par ses faces et ses côtés complémentaires, auxquels s’ajoute la notion de bas et de haut. 
 

Le travail de la bilatéralité par le bercement et le balancement rythmé constructeur est important car il apporte des repères. Ces repères qui permettent à  l’homme de se structurer et de s’orienter, à condition que le travail comprenne un creux (expérimenté dans la pliure des genoux), un vide, c’est-à-dire un ‘silence’ qui sculpte le mouvement.

L'élan du corps entraîne l'élan du coeur :

 "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur

et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même"

Dt6,5 ; Lv19,18 ; Lc 10,27 

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Deuxième

"Comme des enfants nouveaux-nés."   

1P2,2

 
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Troisième

"Ecoutez-le."

Mt17,5

Par l’écoute, l’humanité est invitée à se laisser former :  « Ecoute, Israël ! » Dt 6, 4. La Parole de Dieu n’écrase pas l’homme, elle le relève, le fait passer de l’horizontalité à la verticalité. Elle l’humanise et lui apporte la conscience d’être ! L’écoute est liée à ce qu’il y a de plus profond en l’homme. 

« Fils d’homme, tiens-toi  debout car je vais te parler. »  

Ez 2,1 


Si l’organe privilégié de l’écoute est l’oreille,, l’expérience du troisième sentier nous fait découvrir que le corps tout entier est réceptif aux sons. Nous expérimentons la puissance de la vibration sonore en position allongée, laissant le corps répondre spontanément aux impulsions musicales jusqu’ au redressement vertical. Le corps relevé peut alors devenir ‘logos’, exprimant  dans l’espace l’impulsion perçue en sa chair. 

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Quatrième

"Dieu insuffla dans les narines de l'homme

une haleine de vie

et l'homme devint un être vivant."

 Gn 2,7 

Pas d’exercice respiratoire, mais, sur une marche, une invitation à synchroniser le mouvement et la respiration qui vont de pair : sur l’inspiration, nous accueillons (le souffle) tandis que sur l’expiration, nous nous (en) dépouillons, nous nous vidons. Puis, nous nous intéressons à notre propre respiration en proposant une simple prise de conscience du souffle qui entre et sort de façon naturelle par nos narines.

 

La conscience du souffle naturel (sans recherche particulière de performance ou de rétention) facilite l’entrée dans la prière et éveille à la vie intérieure, à la réalité spirituelle de l’être.

"Je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez"

 Ez 37,14 

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Cinquième

"Un vent de Dieu tournoyait sur les eaux."

 Gn 1,2 

L’appel créateur de la Parole et le souffle de l’Esprit rejoignent au cœur de l’homme ce qui, en lui, constitue l’élan vital. Par élan vital, il faut entendre cette force invisible qui habite toute semence vivante et qui est capable de la transformer, par exemple, le gland en chêne, la graine en fleur, le fœtus en enfant puis en adulte. Grâce à l’élan vital, il devient possible de prendre conscience des formidables potentialités que l’homme porte en lui sans le savoir.

 

Tout naît du tourbillon originel qui est inscrit telle une signature dans la création. Du tourbillon que nous esquissons simplement, sobrement et lentement de la main naît la courbe qui parcourt l’espace et correspond à la durée.

Cette courbe, dans le mouvement de crescendo et de decrescendo, est nécessaire aux formes, comme celle du cercle, de la sphère, de l'ovale, de l'ogive, de la goutte et même de la croix. Elle est nécessaire à l’expression artistique et à la plupart des gestes fondateurs de l’homme, ceux-là mêmes qui l’inscrivent dans l’acte créateur de Dieu.

 

Image de Rod Long
 
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Sixième

"Je suis venu pour que vous ayez la vie

et que vous l'ayez en abondance."

 Jn 10,10 

Pour maintenir sa forme et ne pas disparaître, deux forces sont nécessaires au tourbillon originel : celle qui dilate et celle qui resserre. Il s’agit d’un principe d’équilibre. Au cœur de ce processus, il y a un 'temps-silence' qui sculpte le temps et l’être. C’est de lui que naît le rythme.


Avec le rythme, Dieu a comblé sa création. Le rythme manifeste la continuité. Offert à tous les peuples, il est l’incessant renouvellement de la vie, mais aussi de son expression, la source de la créativité.

 

«La signification du rythme déborde largement celui de la cadence. Dans le réel comme dans une œuvre, le rythme anime de l’intérieur. Il vise l’harmonie au sens dynamique du mot, une harmonie faite de contrepoints et de répercussions justes". Fr. CHENG, Cinq méditations sur la beauté’.

 

Septième

"Talitha Koum" 

Mc 5, 41 

Le parcours de ce sentier se fait en deux temps. D'abord, nous abordons l’éveil à soi grâce à la capacité de l’homme d’être conscient à lui-même et à ce qui l’entoure; l'usage de la main, chef d'oeuvre de la création se révèle primordial . Ensuite, l’éveil à Dieu est évoqué grâce à la prise de conscience de la petitesse et la fragilité de l’homme face au monde, en particulier l’immensité céleste.

 

La réponse de Dieu s’est manifestée par la Révélation. La pédagogie biblique s’est progressivement précisée à travers la vie d’hommes et de femmes depuis Abraham et Sarah, l’humanité reconnaissant la présence de Dieu dans la vie de chacun :

         «Dieu était là et je ne le savais pas » Gn 28, 16 

 

Pour suivre cet éveil progressif de l’humanité à travers les récits bibliques, nous ‘actualisons’, nous rendons actuels par des déplacements et des gestes symboliques des textes marquant les grandes étapes de l’histoire du salut qui nous préparent à la Liturgie et aux sacrements.

Image de Barth Bailey
 

Huitième

"Réjouis-toi, Marie,

car tu as trouvé grâce auprès de Dieu"  

Lc1, 30 -

La pédagogie biblique nous conduit naturellement à devenir par Marie et avec Marie le Corps mystique du Christ. Lentement, nous travaillons corporellement par des mouvements de détente active la complémentarité de nos muscles, puis de nos membres. Ces mouvements répétés ont une action positive qui nous préparent à nous percevoir et à nous assembler en tant que membres du Corps du Christ.

Nous formons alors symboliquement des ‘Cathédrales vivantes’ ou des ‘Vignes’ où chaque élément/membre trouve sa place pour l’édification du ‘Corps’ tout entier.
 

Puis, nous nous laissons enseigner par Marie qui nous apprend à regarder son Fils au cours d’actualisations des Mystères du Rosaire. Toutes ces propositions s’adaptent à l’année liturgique et ne cessent de nous aider à approfondir notre foi.

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Neuvième

"Je suis la lumière du monde"

Jn 8,12 

Ce sentier est le sentier de  l’Harmonie, de la Beauté et de la Gratuité qui sont manifestées dans la création, et récapitulées dans la grande Geste eucharistique de Jésus. C'est le Geste-Lumière par excellence, sans ombre, rompant le pain pour l’offrir au monde en restauration du geste d’appropriation d’Adam qui prit, mangea, eut peur et se cacha.

 

En atelier corporel, nous faisons le lien entre la lumière, la vie et le mouvement en reprenant l’ensemble du travail gestuel des sentiers précédents et en essayant d’y intégrer Gratuité, Beauté et Transparence.

De nombreux textes permettent d’approfondir les grandes étapes de la vie du Christ, ce qui nous conduit à la liturgie et aux attitudes nobles et priantes du fidèle.

"Le Verbe était la vraie lumière qui,

en venant dans le monde, illumine tout l'homme. " Jn 1, 9 

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Image de Luan Cabral

Immobile, en marche ou en mouvement, le corps participe à la prière. Nul ne saurait prier sans son corps. Cependant, le corps à lui seul ne sait pas et ne peut pas prier. Il ne s’agit donc pas de la prière du corps, mais de la prière de tout l’être unifié.

 

Les sentiers à aplanir ne sont plus à l’extérieur mais à l’intérieur de chacun. « Dans ce site sauvage et escarpé où tout déplacement comportait des escalades difficiles et des descentes dangereuses, le corps lui-même était soumis à une discipline d’assouplissement et de purification où il se faisait plus docile à l’esprit. … Cette acrobatie, dans la pensée de François, était une manière de louer Dieu. … Le corps et l’âme étroitement associés participaient au même élan et retrouvaient leur unité dans la paix véritable de l’esprit.» Eloi LECLERC, La sagesse d’un pauvre

 

Selon la théologie de l’icône, seul a sa place ce qui sanctifie la matière. De même seul ce qui sanctifie le corps a sa place dans la prière, qu’elle s’exprime dans l’immobilité, par des attitudes et des gestes,  par des mouvements, voire par la danse. Lorsque le langage corporel est intégré aux différentes séquences de la célébration eucharistique qui nous enseignent la base des attitudes priantes (attente, confiance, supplication, louange, écoute, intercession, adoration et action de grâce), nous possédons une véritable école de prière sanctifiante pour tous les âges de la vie

Image de Johannes Plenio
 

Onzième

"Vous êtes le sel de la terre" 

Mt 5,13

Apprentissage du geste fort sans violence : laisser se transformer en force positive la violence qui sommeille en nous.

 

C’est la reprise du geste « converti », l’irruption de la volonté gestuelle, le commentaire gestuel de

« Tu ne tueras pas » et des  Béatitudes : 

« Heureux les doux » ;

 "La justice marchera devant lui

et ses pas traceront le chemin".

Ps 84, 14 

 

Dans cette démarche, St Paul se fait notre guide, lui qui est passé par ce retournement magistral et ne se lassait pas, dès lors, d’affermir les uns et les autres en vue du témoignage, de l’envoi en mission et de la transmission de la foi.

Image de Taneli Lahtinen
 
Image de Priscilla Du Preez

Douzième

"Vous tous qui avez été baptisés en Christ,

vous avez revêtu le Christ. "

 Gal 3,27 

Toute la trajectoire des sentiers nous conduit à l’essentiel : « le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » - Jn 1, 14 -. L’incarnation du Verbe !
 

La mise en gestes, l’actualisation des textes évoquant les rencontres de Jésus, Parole vivante, incarnée, deviendra  une  sorte  d’accouchement de cette étincelle  de lumière  qui nous  habite.

 

L’évangile de Jean, marqué par le combat des ténèbres et de la lumière, de la  captivité et du mensonge,  de la lâcheté qui emprisonne et de la vérité qui libère, est proposé en méditation gestuelle et/ou chorégraphiée.  Dans ce travail, le corps trouve toute sa place, lui qui est appelé à laisser transparaître l’attitude de l’âme. 

Image de Christi Marcheschi

Dixième

"Préparez le chemin du Seigneur,

rendez droits ses sentiers"

Mt 3,3 

 

© 2019 Asssociation Culturelle Oecuménique des Pélerins Danseurs

Conception site: Benoît Michotte

Geestion : Bernard Wauthoz